Baccano!

baccano

Fiche d’identité :

Type : Série d’animés en 13 épisodes
Genre : Seinen
Catégorie : Fantastique

Titre original : Baccano! (バッカーノ!)
Année : 2007
Studio : Brain’s Base
Auteur : Narita Ryohgo
Réalisateur : Omoro Takahiro

Synopsis :

L’action se déroule autour d’un train qui relie Chicago à New-York. Que viennent faire à son bord un couple de voleurs, de petits délinquants, des familles mafieuses et un gamin étrange ? Quel est le lien entre ces alchimistes qui, deux siècles auparavant, obtinrent du diable l’élixir de longue vie et la pègre new-yorkaise ? Et quand est-il de la presse et de cette société de vieux bons hommes dirigés par l’énigmatique Szilard ?

C’est dans ce capharnaüm aux liaisons multiples qui se situe l’intrigue de Baccano!.

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Critique :

Attention, cette critique révèle des éléments de l’intrigue.

“Boucan”, voila ce que signifie baccano en italien. Le point d’exclamation appartenant au titre, on comprend qu’il ne s’agit pas là d’un simple vacarme mais plutôt d’un chaos que le premier épisode tisse et délie pour nous laisser dans l’expectative. A la manière de Snatch, les éléments de l’intrigue s’entraînent et s’enchaînent sans linéarité ; complexité scénaristique qui ouvre des portes pour, tout de suite, nous les refermer au visage. La musique rythme le tout, le meurtre y est omniprésent et un peu d’humour comble les creux. Voilà un très bon manga que nous offre Narita. Qui plus est, l’auteur parvient à joindre un réalisme sans concession avec un univers fantastique. Chose peu aisée.

Justement, à propos de ces univers entrecroisés, j’ai quelques regrets lorsqu’on les prend à part.
Premièrement, mes regrets concernent l’environnement fantastique. Si le scénariste a eu la décence de ne pas tomber dans ces longues explications entrecoupées de silence qui gâchent souvent l’action, la réflexion sur la mort et l’éternité reste trop circonspecte pour s’émouvoir ou développer un début d’introspection. Evidemment, le personnage de Czeslaw Meyer, torturé durant une partie de son éternité, vit l’immortalité dans la terreur. Maiza Avaro l’entend comme un fardeau et attend – hédoniste et fataliste à la fois – d’être “manger” (c’est-à-dire aspiré par un autre immortel). Quant à Szilard Quates, il est omnibulé par les possibilités que lui offre sa condition jusqu’à devenir un assassin sanguinaire. Si l’on compare ces personnages aux “mortels”, la vie a un tout autre rapport : Ladd Russo, psychopathe, tue pour s’amuser et n’a aucune considération pour sa propre vie ; Claire Stanfield (alias Rail Tracer), tueur à gage, a une vision héliocentriste du monde qui s’arrêtera de tourner avec sa propre mort donc les autres importent peu ; Jacuzzi Splot et sa bande, eux, veulent vivre et ne tuent seulement que par vengeance. Bref, les personnages n’ont que bien peu d’envergure par rapport à la problématique posée. Aussi l’alchimie est un prétexte et le diable joue malheureusement à l’observateur.
Deuxièmement, pour être un amateur de films sur la mafia, une certaine frustration s’est emparée de moi en visionnant les épisodes. Les mafieux sont stéréotypés à l’extrême. Luck Gandor est le mafieux froid et calculateur. Firo Prochainezo est le gamin déterminé et charismatique. Sans parler des chefs des clans mafieux : Russo, Martillo et Runorota qui paraissent copiés sur d’autres clichés, eux-mêmes hérités des films de série B. Egalement, le buisness n’est jamais évoqué, la prohibition à peine et la police ne joue aucun rôle (alors qu’elle apparaît en plusieurs moments de l’histoire). Il y a juste ces fameuses rivalités qui ont un intérêt mais auraient pu trouver un tout autre cadre que celui de la mafia.

Mais tout cela a-t-il de l’importance ? Oui et non. Non, tout d’abord, car on n’attend pas d’un divertissement qu’il se place à la dimension d’une œuvre philosophique ou reprenne avec un réalisme criant l’esprit d’une époque. Egalement, l’intérêt de cet animé est avant tout l’entrecroisement de ces univers, le rythme qui en fait une histoire haletante, passionnante, à laquelle on pardonne ces petites absences. Oui, car justement, il manque un élément qui ferait de Baccano! une série qui dépasserait la culture manga faite aussi de mélanges de genre et de personnages attendus.

Notes :

  • Ma note : 4/5
  • Note des lecteurs :

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